Activité physique et bien-être

Performance et compétition

Au quotidien, nous sommes confrontés à la performance voire à la compétition.
Cette dynamique traverse de nombreux pans de nos vies. Assez spontanément, nous accepterons l’idée que le modèle professionnel occidental repose sur une optimisation des performances en fonction des ressources disponibles, avec les contingences émotionnelles et psychiques qui en découlent. Mais il n’y a pas que dans le monde du travail que cette logique émerge, loin s’en faut ! Loisirs, vie privée, vie affective, l’exigence de performance s’insinue dans nos vies et s’y développe d’autant plus aisément qu’elle est valorisée socialement.

Mais est-elle inévitable ? Est-elle profitable ? Plus fondamentalement : est-elle synonyme d’épanouissement ?
Poser la question, c’est déjà en partie y répondre.

Le sport est traditionnellement considéré comme un facteur de bien-être, mais est-ce toujours le cas ? 

Si la pratique sportive est vieille comme l’humanité, ou en tout cas, remonte assurément à la civilisation grecque antique, son développement actuel n’en reste pas moins marqué par une nouveauté forte : l’émergence du culte de la performance et du dépassement. Bien entendu, toute pratique sportive n’est pas intrinsèquement liée à la performance, mais elle y est néanmoins régulièrement associée. Et apparaît directement son corollaire, la marque tangible et objective de cette performance : la compétition. Les résultats obtenus lors d’une compétition (individuelle ou collective) viennent officialiser des performances ou des niveaux de performance qui n’ont de sens que dans la mesure où ils sont connus du plus grand nombre ou, du moins, des connaisseurs de la discipline en question.

La volonté de s’améliorer est saine, elle pousse le sportif, l’être humain, en avant. Mais doit-elle se vivre à travers la compétition ? Fut-ce une compétition contre soi-même … Ne pourrait-on promouvoir une autre logique que celle de la confrontation à soi-même ou aux autres ? Car, finalement, que gagne-t-on à découvrir qu’on est plus fort que ce que l’on croyait ou plus fort que les autres ?

Nous pourrions poser la question en d’autres termes : la pratique sportive a-t-elle pour finalité d’établir des échelles de performance, des classements entre les pratiquants ? La pratique sportive ne vaut-elle que pour cette hiérarchisation ? La valeur de la pratique sportive est-elle celle-là ?

Bienfaits de l’activité physique

Cette petite réflexion sans prétention aurait plutôt tendance à placer ailleurs les valeurs qui sous-tendent ce que nous n’appellerons plus la pratique sportive, mais plutôt l’activité physique. Non, pratiquer une activité physique, ce n’est pas forcément se mesurer à soi ou aux autres. Les bénéfices sont tout autre, bien plus profonds et plus durables que l’éphémère plaisir d’être plus fort que d’autres, voire le plus fort. Cette première place, pour autant que l’on puisse y accéder, ne dure jamais. Par contre, de nombreux autres avantages positionnent l’activité physique comme une part importante d’une situation de bien-être.

Tout d’abord, l’équilibre psychique qu’une activité physique procure peut, lui, nous accompagner toute notre vie. Evacuation des situations stressantes vécues durant la semaine, resynchronisation à notre rythme biologique et pas à celui du monde moderne, coupure dans les obligations quotidiennes… Nous pourrions allonger la liste des bienfaits psychiques d’une activité physique régulière.

De plus, le mouvement est une pratique thérapeutique douce trop souvent négligée. Sédentaires comme beaucoup d’entre nous le sommes, nous n’entretenons pas la souplesse musculaire et articulaire nécessaire pour éviter les pathologies physiques récurrentes de notre époque. Notre tonus musculaire aide à prévenir les conséquences pénibles d’une chute, d’un « faux mouvement » ou d’une position trop statique au bureau ou à domicile.

Un travail sur la respiration a également un impact très positif sur le bien-être global. Des respirations profondes au niveau de l’abdomen ont un fort pouvoir de décontraction des organes mous (foie, pancréas, estomac …) dans lesquels s’accumulent les toxines mais surtout les émotions liées aux aléas des vies très remplies que nous menons.

 Mais, chacun de ces bienfaits n’a de sens et d’existence qu’à travers une pratique non compétitive de l’activité physique choisie. Dès l’émergence d’une volonté de dépassement trop grande, d’une volonté de performance individuelle ou collective, cette activité va se transformer en une poursuite vaine de résultats que l’on voudra toujours meilleurs. Les bienfaits psychiques et physiques se transformeront alors en des problèmes, des problèmes liés au stress d’une contre performance, au stress d’une défaillance physique, aux obligations issues de cette dynamique (alimentation, privation, charge d’entrainement …), à des blessures plus ou moins graves et plus ou moins chroniques, mais qui marqueront le corps.

Un outil d’épanouissement pour tous

Alors ? Dans quelle direction se diriger ? Que l’on parle de sport, de pratique sportive ou d’activité physique, il conviendra de reconnaître que l’action peut être de natures différentes et que chacun ira y trouver des intérêts en fonction de qui il est et de ses aspirations profondes. Oui, certains pratiqueront le sport de manière intensive et ne pourront concevoir leur engagement qu’à travers la performance. Mais cessons de croire que cette seule voie existe !

Le sport est avant tout une activité intérieure, un mouvement personnel vers un mieux-être pour soi et éventuellement avec d’autres, mais pas contre d’autres. Le sport ne procure jamais tant de bienfaits que quand ces bénéfices s’envisagent sur un temps long et sur un plan intime.

Gageons qu’une approche telle que celle décrite ici pourra réconcilier même les plus réfractaires à ce que l’on appelle communément le sport mais qu’ici, à travers la dynamique Aloha, on qualifiera plutôt d’un outil d’épanouissement parmi nos autres approches. Qu’elles soient psychiques ou physiques.